Retour : JNTL du 9 juillet 2015

Posté le 23.07.2015

Organisée le 9 juillet dernier par le Gérontopôle des Pays de la Loire, avec le soutien du Conseil Régional des Pays de la Loire, de la Caisse des Dépôts et Consignations et de KPMG, la seconde édition « Journées Nationales Territoires de Longévité » a réuni près de 220 acteurs locaux à l'hôtel de région à Nantes.



L'ouverture de la journée a été assurée par le Pr. Gilles Berrut, Président du Gérontopôle des Pays de la Loire, Catherine Piau, Adjointe au Maire de Nantes, ainsi que les partenaires de la journée : Jacques Auxiette, Président du Conseil Régional des Pays de la Loire, Denis Trassard, Directeur Régional Adjoint Pays de la Loire Caisse des Dépôts et Consignations, Pierre Breteau, Associé, Directeur National Adjoint, Dept Secteur public KPMG.

Ensuite, Muriel Boulmier est intervenue. Cette dernière est Adjointe au Maire d’Agen (47) et Directrice Générale du groupe Ciliopée spécialisé dans le logement social dédié aux personnes fragilisées.

Spécialiste du vieillissement démographique, Muriel Boulmier s’est vue confier deux missions ministérielles sur l’adaptation de l’habitat et le bien vieillir à domicile. Elle a participé en tant que personnalité qualifiée « logement » au débat national sur la dépendance et a présidé le groupe de travail « évolutions démographiques et vieillissement » au sein de la fédération européenne du logement social.

Elle nous a donné sa vision du vieillissement et démontré comment cet enjeu démographique est une opportunité importante, permettant de construire une politique globale vers les personnes âgées. Le logement conditionne la vie sociale, l'activité économique de proximité, une meilleure prévention pour les publics fragiles, et doit favoriser un "bien vieillir ensemble sur un territoire".




Neuf ateliers thématiques animés par Jawad Hajjam - CENTICH, Mireille Evenot - USH et Pierre-Marie Chapon - SCET ont suivi.

Pour Jawad Hajjam, sur le thème de l'adaptation des logements, les interrogations portaient sur des questions très concrètes, très pratiques : comment décrypter le paysage ? A qui s'adresser pour trouver des solutions ? Comment trouver une réponse en tant que particulier ou chef d'entreprise, sensible au manque de visibilité des dispositifs existants.

Les ateliers, complémentaires, ont permis de réunir des acteurs concernés par le sujet de l'adaptation des logements :
- FFB, Capeb et Vivalib : les trois structures ont exprimé l'importance d'avoir des professionnels formés, concernés, sensibilisés. Leurs différents dispositifs déployés ont pour objectif de créer une dynamique territoriale.
- Domplus / Ecole de Design : alors que l'intervenant de Domplus a introduit sur la notion de l'humain, en partant des besoins du locataire, et en interrogeant sur la manière dont on pouvait accompagner un mode de vie, une qualité de vie en essayant d'accompagner l'individu, le représentant de l'Ecole de Design est intervenu sur le design, l'universalité, permettant de se projeter sur les constructions de demain qui progressent avec ses occupants.

Pour Mireille Evenot, il y a 2 paradoxes qui ont émergé sur la question de l'encadrement des logements intermédiaires. Passer de l'expérimentation à la modélisation ? L'avantage du cadre est que certains financements peuvent être fléchés et cela peut garantir une certaine qualité d'accueil. A l'inverse, on peut susciter de l'innovation en répondant à des besoins existants.
Autre surprise concernant la mention des logements-foyers. En quoi les logements intermédiaires présentés sont différents des logements-foyers? On revisite le concept, certains éléments, valeurs incontournables sont retravaillés (taille, nature de l'accompagnement, attractivité …).

Le premier atelier (CNAV/Gérontopôle) a permis de redéfinir le champ des logements intermédiaires : médico-social / habitat regroupé. Une volonté de clarification et de segmentation pour montrer les deux origines de ce type de logement a été exprimée.

La question du modèle économique a été aussi fortement présente. D'un côté, l'investissement (Caisse des Dépôts) et de l'autre côté (Fondation Cémavie et Conseil Départemental) le coût essentiel pour produire du service de qualité tout en essayant de rationaliser ce service, la taille des logements, les besoins de locaux communs,… toute une réflexion au cas par cas.
Les logements intermédiaires ne rentrent pas dans le champ de la dépendance. Les champs de la prévention du vieillissement, de la bienveillance, de la prévention de l'isolement sont concernés. La question posée était de savoir quel est le temps nécessaire pour rendre un service de base et de qualité répondant à l'isolement.

L'ouverture sur l'environnement (social, géographique, économique, énergétique) était le sujet des trois ateliers animés par Pierre-Marie Chapon.
On voit que nous sommes dans une approche systémique.
Aujourd'hui, le découpage n'est plus rural, urbain, périurbain : c'est beaucoup plus complexe. On se rend compte que dans le choix d'un logement se pose un certain nombre d'éléments : économiques, personnels, environnementaux qui nécessitent une pluralité de réponses.
L'habiter, au sens cadre bâti, cadre social : l'importance de la Catégorie Socio-Professionnelle (étude de l'AURAN) passe au delà de l'âge.
La notion de services, par des actions ponctuelles du groupe La Poste et la MSA, permet de lutter contre l'isolement et de former les acteurs.

Il faut passer d'une logique de découpage, de silo, à celle de silo transversal. La transversalité permettra de répondre favorablement à la problématique.

De plus, la concertation n'est pas un gadget, elle représente un véritable outil de réussite pour la création d'un nouveau quartier. Elle permet le passage de l'habitat à l'habiter et de structurer le ciment du quartier.

Il faut lutter contre l'âgisme, le "racisme anti-âge", troisième cause de discrimination en France. Dans une logique transversale, si l'ensemble des élus et acteurs économiques partent sur une vision tronquée du vieillissement (médico-social, sanitaire, …), ils passeront à côté de la co-construction habitée. Il faut partir sur une démarche positive, anticipée, de prévention et d'accompagnement de ce vieillissement pour faire en sorte que toutes les générations vivent dans la ville durable.

Retrouvez le programme de la journée.

Certains diaporamas sont disponibles sur demande

Découvrez l'article de presse par Hospimedia

Galerie photos : ©Thomas et Hugues Porte