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Covid-19 | La grande chose de la démocratie, c'est la solidarité

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"La grande chose de la démocratie, c'est la solidarité"

Les personnes âgées et fragiles qui devaient mourir dans quelques mois meurent maintenant. Ça leur enlève quelques mois de vie. Bon c’est peut-être pas très sympa mais comparé aux effets négatifs du confinement, bah…”. Ces douces paroles diffusées sur Quotidien mardi soir nous viennent de Johan Giesecke, épidémiologiste conseiller du gouvernement suédois qui a choisi de refuser le confinement pour atteindre l’immunité collective au plus vite. Il n’est pas seul…

 

Boris Johnson, Jair Bolsonaro et Donald Trump. Trois hommes (avec un petit “H”), trois bons gaillards, des mecs, des vrais. Dopés à la testostérone aveugle, trois ir-responsables politiques jouent avec une “petite grippe”. Boris le courageux, lui, ne voulait pas changer ses habitudes et a parfaitement joué le rôle de propagateur, enfermé dans son obsession de mettre fin à la solidarité du Royaume-Uni envers les européens. Solidarité est aussi un mot difficile à prononcer pour Jair le sportif. Celui qui est en guerre contre les favelas, les femmes, les homosexuels… Brefs celles et ceux qui ne lui ressemblent pas. De toute façon, celles et ceux qui, comme lui, ont “une histoire d’athlète” n’ont rien à craindre. Donald le schizophrène n’est pas non plus un adepte de la solidarité. Quelques semaines après avoir dit que le Coronavirus était un canular des Démocrates et des journalistes pour plomber son bilan économique, fier, il affirma qu’il avait vu la pandémie avant les autres. Farouchement opposé à un Etat qui garantirait l’accès aux soins pour tous, il refuse que le remède (le confinement et la crise économique qui suivrait) soit pire que le mal (le virus) et soutient les manifestations anti-confinements. Convaincus qu’on a ce que l’on mérite dans un modèle économique néolibéral qui creuse les inégalités, ces trois dirigeants sont prêts à beaucoup pour sauver leur système peu solidaire quitte à sacrifier les moins productifs.

 

Car oui, le Covid-19 tue surtout les plus âgé.es de nos concitoyen.nes. En France, plus de 50 % des victimes avaient 80 ans et plus, moins de 10 % avait moins de 60 ans. Ce virus nous pose une question : jusqu’où sommes-nous capables d’être solidaire envers nos aîné.es ? Que vaut la vie de celles et ceux qui ne produisent plus ? Que vaut la vie de celles et ceux qui nous coûtent ? Celles et ceux, dont on se demande quelle part du PIB leur sera allouée dans la réforme des retraites, finalement, en valent-ils la peine ?

 

Oui. Oui par humanité, oui par solidarité, oui par conscience, oui par empathie. Parce que la mort des hommes et des femmes est toujours une tragédie.

 

Enfin, mais pas avant tout le reste, oui, parce qu’ils et elles apportent à la vie de la nation. L’implication citoyenne et associative, les services rendus aux enfants et petits-enfants, la transmission de connaissances et d’expériences, leur consommation souvent moteur des commerces de proximité sont autant d’exemples qui démontrent leurs apports à la société. Une étude menée par le Gérontopôle des Pays de la Loire l’a bien souligné : https://www.gerontopole-paysdelaloire.fr/sites/default/files/inline-files/etude-apport-territorial_0.pdf

 

La grande chose de la démocratie, c’est la solidarité. La solidarité est au-delà de la fraternité ; la fraternité n’est qu’une idée humaine, la solidarité est une idée universelle ; universelle, c’est-à-dire divine ; et c’est là, c’est à ce point culminant que le glorieux instinct démocratique est allé.Victor Hugo.

 

Tâchons de nous en souvenir à la fin de cette crise et pour longtemps.

 

Niels Knapp-Ziller
Géographe
Chargé de mission action territoriale au Gérontopôle des Pays de la Loire